Notre road trip en Crète
Nous parcourons la Crète pendant quatre mois, lentement, au rythme des routes sinueuses, des paysages sauvages et de la mer toujours présente. Dès les premiers jours, une évidence s’impose à nous : la gentillesse des Crétois. Partout, nous sommes accueillis avec une sincérité désarmante, un sourire franc, un regard bienveillant. L’hospitalité n’est pas un mot ici, c’est une manière d’être.

Au marché, nous découvrons une abondance impressionnante de produits locaux. Les étals débordent de fruits et de légumes cultivés sur l’île : kakis, pommes, raisins, tomates gorgées de soleil, mais aussi avocats et même bananes. Les agrumes sont omniprésents : oranges, citrons, clémentines, pomelos, incroyablement parfumés, juteux et pleins de sucre. À côté des fruits et légumes, les fromagers occupent une place importante. Ils proposent une grande diversité de fromages, issus d’une production locale et artisanale, reflet du savoir-faire crétois. Les étals sont vivants, colorés, et toujours baignés de cette générosité spontanée : quelques produits ajoutés sans rien demander, un sourire, un mot gentil.
Dans les montagnes, la nature est omniprésente et généreuse. Nous observons une abondance d’herbes sauvages, cueillies pour être cuisinées ou séchées pour des infusions : sauge, thym et origan parfument l’air. Cette relation simple et respectueuse à la nature fait partie intégrante du quotidien crétois. Les montagnes sont aussi peuplées de nombreuses chèvres, souvent en liberté, traversant parfois la route sans se presser. Il n’y a pas d’animaux dangereux, ce qui renforce ce sentiment de tranquillité.
La mer est notre fil conducteur. En novembre, nous nageons dans une eau encore douce, à 23 degrés, sous un soleil éclatant. Les plages sont belles, souvent désertes, presque intimes. Peu à peu, l’hiver s’installe sans brutalité. Fin janvier, l’eau descend à 19 degrés, mais reste accueillante. La météo nous accompagne avec une douceur étonnante : environ 25 degrés en novembre, puis une lente descente vers 18 à 20 degrés en janvier. La pluie, pourtant attendue par les habitants, reste discrète et ne perturbe presque jamais nos journées.
Nous randonnons peu durant ce séjour, sans regret. Ce voyage est avant tout une immersion, un temps suspendu. Les sentiers nous attendront plus tard.
Les monastères que nous visitons sont nombreux et magnifiques. Ils dégagent une atmosphère sobre, parfois austère, mais profondément apaisante. Ils incarnent une foi discrète, ancrée dans l’histoire, la mémoire et la résilience. Souvent, après la visite, on nous offre un loukoum, un verre de raki ou quelques fruits secs, de petites attentions simples mais sincères.
Sur les routes, la spiritualité est omniprésente. De petits oratoires au bord des chemins, modestes chapelles fleuries, rappellent le souvenir d’une personne disparue à cet endroit. Devant de nombreuses maisons, des icônes religieuses veillent silencieusement sur les habitants, comme une protection discrète mais essentielle.
Nous visitons également plusieurs lieux de prière installés dans des grottes et des cavernes. La pénombre, la roche brute, le silence et la lueur des bougies créent une atmosphère profondément mystique. Ici, la nature et la spiritualité ne font qu’un, et nous ressentons une émotion hors du temps.
La cuisine crétoise est une fête quotidienne. Dans les tavernes des petits villages de semi-montagne ou près de la mer, les tables débordent de spécialités. Les plats s’enchaînent, simples et savoureux, portés par une huile d’olive omniprésente. Les repas sont longs, chaleureux et généreux.
Nous traversons de nombreux villages et villes, chacun avec son identité. Chania nous marque particulièrement : une ville extrêmement vivante, animée sans être oppressante, élégante, où il fait bon vivre.
Au fil des semaines, nous découvrons le caractère profondément attachant des Crétois. Ils aiment faire la fête, partager un moment, une musique, un repas, un verre de raki, sans occasion particulière. Leur générosité est sincère, sans attente en retour. Nous ressentons une véritable fraternité, même avec les étrangers que nous sommes. Il n’y a ni convoitise ni méfiance. L’absence quasi totale de criminalité et de délits crée un sentiment de sécurité rare et précieux.
La présence des chats est omniprésente, parfois même très nombreuse. Les habitants les nourrissent avec bienveillance. Il arrive cependant que certains chats dispersent des déchets sur la voie publique, ce qui s’ajoute aux problèmes déjà existants de gestion des ordures.
Car tout n’est pas parfait. Nous constatons des poubelles qui débordent, du plastique sur certaines plages, des déchetteries sauvages qui ternissent parfois le paysage. Une autre inquiétude nous traverse : la multiplication des investisseurs étrangers très riches, construisant de plus en plus près des côtes. Nous craignons qu’à long terme cela ne déséquilibre le pouvoir d’achat et la vie quotidienne des Crétois.
Malgré ces ombres, notre ressenti reste profondément positif. La Crète nous offre bien plus qu’un décor : elle nous offre une manière d’être, faite de simplicité, de partage et d’humanité. Nous repartons riches de souvenirs, de rencontres et d’émotions, avec le sentiment d’avoir vécu un voyage vrai, profondément humain et inoubliable.
A suivre, notre retour sur la Grèce continentale…
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